Pont du Gard et Patrimoine

Du bon usage du site du Pont du Gard

"En avoir pour ses 18 euros"
samedi 27 août 2011 par Jean-Yves Gréhal

Pour visiter le site du pont du Gard, deux solutions : soit payer 18 euros à l’entrée de l’un des parcs de stationnement, soit laisser sa voiture en dehors du périmètre du site, de préférence dans un endroit autorisé, marcher et désormais payer une entrée "piéton" de 10 euros si vous êtes seul ou 15 euros pour 2 à 5 personnes.

On ne conseillera pas la seconde solution : on déplore trop de larcins dans les véhicules qui vous feraient regretter les 3 euros que vous auriez essayé d’économiser. Un parking aujourd’hui fermé était surnommé le « parking aux voleurs » par les habitants du pays et ce nom n’était pas usurpé !

La solution raisonnable, sinon agréable, est donc de préparer sa monnaie et de garer son véhicule dans l’un des deux parcs. Puisque l’accès au site coûte cher, autant profiter de toutes les possibilités offertes par le ticket d’entrée donnant droit à tous les services pour tous les passagers du véhicule : on ne le regrettera pas.

Pour suivre le programme suggéré, il est préférable d’utiliser le parc rive gauche auquel on accède par la route d’Uzès. Pour une bonne compréhension de l’ouvrage, il est judicieux de visiter en premier lieu le musée, situé en sous sol dans les bâtiments de la rive gauche. Naguère peu fréquenté –l’entrée était payante- ce musée est désormais gratuit et achalandé. On y trouvera des informations bien présentées et utiles sur la civilisation romaine, la place qu’y tenait l’eau et, surtout, sur l’aqueduc de Nîmes et le pont du Gard. Les présentations, en grandeur réelle ou sous forme de maquettes, sont très claires et parlantes.

Puisque le pont du Gard portait un aqueduc, pourquoi ne pas observer le tronçon amont qui était pour une large part en élévation ? Il en reste de beaux vestiges peu connus et, de ce fait, peu fréquentés. On s’y balade généralement seul, dans des paysages de nature méditerranéenne préservés, agrémentés de ruines d’aspect romantique, séduisantes pour le profane, passionnantes pour l’amateur plus averti.

Pour visiter ce tronçon de l’aqueduc, je conseille de traverser « Mémoire de garrigue », une partie du domaine géré par le site du pont du Gard dans laquelle ont été reconstitués les paysages ruraux tels qu’ils existaient encore au début du XXe siècle, avant le déclin des activités agricoles. On y trouvera chênes verts, exploités pour le charbon de bois, oliviers, vigne, arbres fruitiers, mais aussi céréales. On observera les cultures mêlées, associant sur une même parcelle vignes et oliviers ou céréales. On pourra se dire que la « nature » telle qu’on la rencontre dans les actuelles garrigues n’est jamais que le résultat du recul du travail de l’homme et regretter ce recul.

A l’extrémité de « Mémoires de garrigue », on découvre une arche brisée. C’est le Pont Roupt qui portait l’aqueduc, en élévation à cet endroit. Un portail désormais fermé à clé (chasse aux piétons n’ayant pas payé leur droit d’accès !) contraint à crapahuter un peu : suivre l’aqueduc vers la gauche sur quelques mètres, escalader un muret et vous voilà libre de vos mouvements. Revenez quelques mètres en arrière, jusqu’au chemin qu’il vous a fallu quitter pour contourner le portail fermé.

Pont Roupt (Site du Pont du Gard) En suivant le tracé vers l’est, on observera d’abord des fragments d’arches brisées, basculées en contrebas, puis une série d’arches plus ou moins bien conservées, jusqu’à ce que l’on arrive à la dépression dans laquelle passe la route d’Uzès. Cette dépression était jadis franchie par un grand pont à deux niveaux d’arches, le pont de Font Ménestrière dont il ne reste que les fondations des premières piles.

De cet emplacement on pourra, si l’on a du temps devant soi, de la curiosité et de bonnes jambes, traverser la route d’Uzès au rond-point et reprendre le tracé de l’aqueduc pour longer les arches de la Lône. En élévation, l’aqueduc se déploie dans des paysages à la Hubert Robert. On pourra revenir sur ses pas à la fin des arches, près du bourg de Vers-Pont-Du-Gard ou avant, si l’on est plus pressé.

Revenu au Pont Roupt, on suivra le tracé de l’aqueduc, tantôt en élévation (les arches de Valive sont en moins bon état que celles de la Lône) tantôt en souterrain. De place en place, l’aqueduc paraît prendre appui sur des rochers : erreur. Ces amas sont des concrétions résultant de brèches ménagées dans l’aqueduc après son abandon, pour en recueillir l’eau qui continuait à couler depuis la source mais n’atteignait plus Nîmes. Fortement calcaire, comme en témoignent également les concrétions obstruant partiellement la conduite, les eaux de l’aqueduc ont édifié ces volumineux amas en quelques siècles de décadence de l’ouvrage.

Juste avant d’arriver au pont du Gard, il est recommandé d’obliquer vers la droite. On gagnera, au bord de la gorge creusée par le Gardon, une petite terrasse agrémentée d’un banc d’où l’on domine le pont du Gard, se découpant sur un paysage miraculeusement épargné. Si l’on arrive à cet endroit en fin d’après-midi, on peut voir le pont sous son meilleur éclairage, revêtu d’une chaude couleur jaune qui le magnifie sur le fond vert sombre de la végétation.

Regagnant le pont, on prendra le temps, depuis les escaliers bien aménagés conduisant vers la route, de constater la courbe que décrit l’ouvrage. Bien visible à l’œil nu, elle est l’objet de controverses des spécialistes dans lesquelles nous nous garderons bien d’intervenir.

Avant de traverser le Gardon sur le pont Pitot jouxtant l’ouvrage antique, on pourra, en suivant le chemin à main droite, gagner le bord du Gardon d’où la vue sur le pont du Gard est magnifique. Si le temps s’y prête et que l’on ne soit pas pressé, on se baignera dans les eaux fraîches de la rivière, en se gardant des canoës qui la descendent depuis Collias.

Le Site du pont du Gard organise des visites guidées payantes permettant de traverser le pont dans la conduite. On chemine sous les dalles de couverture, entre les amas de concrétions déposés au cours des siècles d’utilisation. Leur épaisseur irrégulière est la conséquence de curages partiels.
Dans la conduite, sur le pont du Gard
Si l’on n’a pas emprunté la conduite, on traverse le Gardon sur le pont routier, construit au milieu du XVIIIe siècle sous la direction de l’ingénieur Pitot, gardois natif d’Aramon. Ce bel ouvrage porte de nombreuses inscriptions gravées par les compagnons du Tour de France : le pont antique est un des points de passage obligés des compagnons tandis que le pont Pitot reçoit depuis deux siècles et demi les témoignages de leur passage.

Sur la rive droite, on gagnera le troisième étage du pont pour observer les concrétions accumulées dans un brusque coude de la conduite. Dans ces couches de calcaire d’épaisseurs variables s’inscrit l’histoire de l’aqueduc, avec ses périodes de fonctionnement normal, ses arrêts et ses périodes de fonctionnement dégradé. Il ne manque que la durée des interruptions de fonctionnement pour déchiffrer cette histoire !

En traversant le tunnel qui semble prolonger l’aqueduc –en fait l’ouvrage antique contournait la colline, on débouchera dans le premier des vallons des bois de Remoulins. Parcourir ces vallons est le but d’une belle promenade, assez difficile, que l’on entreprendra une autre fois, avec un guide (pourquoi pas dans le cadre d’une visite de notre association "Pont du Gard et Patrimoine" ?).

Pas pressé et d’humeur à flâner ? On pourra redescendre de l’extrémité du pont par le sentier menant à la route du château de Saint Privas. Chemin faisant, on aura à nouveau une belle vue d’ensemble du pont. De la route du château, la vue de la rivière et du pont est constamment pittoresque.
Neige sur le pont du Gard

Ces promenades vous auront pris au moins trois heures, voire beaucoup plus. Une petite faim ? Vous pourrez vous restaurer sur le Site, selon vos envies et vos moyens. Un souvenir ? Les boutiques sont là pour vous tenter.

Après une visite du Site conduite comme nous le suggérons, vous ne regretterez pas vos 18 euros. Et si, séduit par l’endroit, vous étiez certain d’y revenir dans l’année, un conseil : abonnez-vous. Pour 25 euros, vous pourrez y accéder autant de fois que vous le voudrez. Cette offre avantageuse n’est pas réservée aux riverains. Profitez-en !

Nota : Pont du Gard et Patrimoine propose des visites guidées de l’aqueduc de Nîmes, pour le découvrir ou mieux le connaître. N’hésitez pas à vous inscrire à nos visites programmées ou, si vous êtes un groupe préconstitué (association, école, comité d’entreprise par exemple), à demander une visite tout spécialement pour vous. Nos visites sont gratuites. Cliquez ici pour consulter la rubrique activités de notre site.


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