Pont du Gard et Patrimoine

La Sartanette

jeudi 14 avril 2016 par PdGP

De la combe Roussière à la Sartanette

Après le franchissement de la combe Roussière, l’aqueduc poursuit son chemin en partie enfoui dans la garrigue après un brusque virage vers la gauche. Des concrétions détruites gisent au fond du canal, une arête sur le radier l’autre appuyée sur la paroi. Dès les premiers mètres au-delà de la culée aval, le sentier est double. Suivre celui qui longe les concrétions en contrebas, sur la gauche.

Cent mètres après le pont de Combe Roussière, après un détour sur la droite on découvre dans l’aqueduc un sondage réalisé par Dhombre (1) et repris récemment par les archéologues. Ce sondage montre une coupe très nette de l’aqueduc. Les parois sont couvertes de concrétions. Une voûte bien conservée surmonte le canal.

Le chemin aboutit à un coin dégagé d’où l’on domine la partie basse du Gardon sorti maintenant de ses gorges. La vue s’étend jusqu’à Saint Hilaire d’Ozilhan, Remoulins, Fournès. Il faut conserver son niveau et tourner carrément à droite. L’aqueduc, facile à suivre, longe la colline à laquelle il s’accroche. La paroi gauche a disparu. Là encore les récupérateurs de pierres ont fait main basse. Le pont de la Sartanette apparaît au fond du vallon, à 300 ou 400 mètres.

Le sentier parallèle à l’aqueduc se situe sur la ligne de niveau des 64 - 65 mètres. Il s’accroche sur un versant un peu raide mais ne présente pas de danger. On franchit une première et légère dépression ensablée. Plus haut, à droite, se situe la grotte de la Sartanette. Plus loin une légère dépression débouche sur la célèbre grotte. A partir de cet endroit il convient de descendre dans le vallon. Au passage, on peut jeter un coup d’œil sur l’entrée de la grotte du "Taï" habitée pendant la préhistoire. Cette grotte se développait sur 80 mètres. Aujourd’hui elle est bouchée en partie par les alluvions transportées par ravinement.

(1) Quelques mots sur l’initiative de Dhombre :
Adolphe Pieyre, ancien député et auteur de "L’histoire de Nîmes depuis 1830 jusqu’à nos jours" (c’est-à-dire jusqu’à 1885 écrivait :
" ... En même temps et sur l’invitation du Conseil, se poursuivait une étude qui pouvait avoir pour Nîmes les plus heureuses conséquences. M. Dhombre, ingénieur des Ponts et Chaussées, avait été mis à la tête d’ateliers dans le but d’explorer et de reconnaître tout l’aqueduc romain. Il s’agissait de savoir tout le parti qu’on pourrait retirer de cette étude en vue d’amener les eaux du Gardon indépendamment des sources latérales ou de niveau que l’aqueduc pourrait recueillir sur son parcours. Ces travaux de recherches devaient, on le voit, s’arrêter au Pont du Gard, où l’on comptait placer des machines élévatoires.

Du 1er septembre au mois de décembre 1844 M. Dhombre avait exploré toute la section de l’aqueduc entre Nîmes et Saint Gervasy. A la session de février le maire faisait connaître au Conseil que les ateliers dirigés par M. Dhombre avaient vérifié la section entre Nîmes et Saint Bonnet. Il faisait espérer que l’ensemble de l’opération serait terminé cette année même et permettrait alors d’étudier d’une façon active et profitable la question d’adduction des eaux de Nîmes, résolvant ainsi un problème dont l’acuité devenait de jour en jour plus irritante ...".

Pont de la Sartanette.

On peut accèder directement au pont de la Sartanette à partir de la départementale 981 que l’on quitte au niveau du panneau d’entrée de Remoulins. Cinq cents mètres de marche facile permettent d’atteindre le pont. Cent mètres avant le pont de la Sartanette, sur la gauche, à dix mètres du chemin s’ouvre l’entrée de la grotte du Taï. Sur la droite, mais en hauteur, sous de grands rochers calcaires se dissimule la grotte de la Sartanette.

Le pont de la Sartanette est formé d’une seule arche de quatre mètres d’ouverture, déportée sur la droite en regardant vers l’amont. La partie supérieure droite a été échancrée pour faciliter le passage de gros convois. Pour résister aux pressions importantes de l’eau dans cette portion de l’aqueduc presque dépourvue de pente et très sinueuse , les parois latérales de l’ouvrage ont été surélevées et doublées. C’est le cas pour tous les ouvrages des "Bois de Remoulins" à l’exception du pont de Valmale. L’arche primitive est renforcée par une arche de dimensions inférieures

On peut atteindre la partie supérieure du pont, au niveau de l’aqueduc, en le contournant en amont, côté rive droite. Les concrétions épaisses dépassent la hauteur primitive du mortier de tuileaux. Le pont tronque le vallon. Il se comporte comme un verrou marqué par deux angles presque droits. Le chemin qui lui donne accès, bien dégagé jusque là se révèle impénétrable au delà. La partie maçonnée de l’ouvrage mesure trente mètres de long et un peu plus de huit mètres de haut.

L’aqueduc poursuit son chemin en aval dans la direction nord-ouest. C’est un itinéraire un peu scabreux pour se rendre au Ponceau.

Si l’on préfère les bons chemins on a intérêt à revenir sur la route départementale.


Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 190911

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Visiter l’aqueduc  Suivre la vie du site Bois de Remoulins   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.17 + AHUNTSIC

Creative Commons License