Pont du Gard et Patrimoine

De font Menestière aux arches de Valive

D’après "L’aqueduc du pont du Gard" de Claude Larnac et François Garrigue
lundi 15 décembre 2008 par PdGP

De la route départementale 981 au pont du Gard, les vestiges en élévation de l’aqueduc sont nombreux et importants. Et pourtant le plus grand ouvrage a purement et simplement disparu : il ne reste rien du grand pont de font Ménestière.

Font Ménestière

Un grand pont de trois cents mètres de long environ et d’une vingtaine de mètres de hauteur traversait la dépression aujourd’hui parcourue par la route d’Uzès à Remoulins et une voie ferrée désaffectée. Il ne reste du pont que les assises des arches de part et d’autre de la dépression.
Mortaise font Ménestière
La voie ferrée fut construite dans la seconde moitié du XIXème siècle pour transporter le charbon extrait des mines du Martinet, près d’Alès, jusqu’au port fluvial de Beaucaire. Pour dégager l’espace, l’entreprise élimina les derniers vestiges du pont.

Venant de la Lône, on aura traversé la route. Une brève grimpette vers les premières arches du pont Roupt permet, au passage, d’observer les fondations des piles du pont de font Ménestière : les grands blocs de calcaire étaient assemblés par tenon et mortaise. On ne sait en quel matériau étaient fabriqués les tenons. L’absence de tout vestige semble indiquer qu’ils étaient en bois. Par contre, les mortaises taillées en queue d’aronde sont très bien conservées.

Le Pont Roupt prolonge le pont de Font Ménestière. Il définit aussi la limite nord du "site du Pont du Gard". La jonction entre les deux ponts présente un angle ouvert à 120° environ. Compte tenu de la cote actuelle de la dépression (38 mètres), on peut se représenter un pont de 18 à 19 mètres de haut, sans doute avec deux étages d’arcades. Long de 300 mètres, c’était un bel ouvrage. Aisé à démonter, il a été entièrement pillé.

Pont Roupt

Le pont de Font Ménestière donnait dans une nouvelle dépression, la troisième sur quelques centaines de mètres. C’est pour la franchir qu’il fallut édifier le pont Roupt. Long de 275 mètres et haut de 7,5 mètres par endroits le pont Roupt (rompu) doit son nom à sa rupture dont on ne saurait dater l’époque.

Constitué par trois tronçons, l’ouvrage est formé d’un ensemble de hautes arcades, construites sur un sol instable. Est ce pour cela qu’on en trouve renversées, gisant disloquées en contrebas du tracé de l’aqueduc ? Ou faut-il incriminer des tremblements de terre ? Ou encore une combinaison des deux causes. Toujours est-il que le pont rompu mérite bien son nom.

Les arches sont fondées sur du gros appareil. Comme pour celles de la Lône, les contreforts font partie intégrante de la maçonnerie. Ils prennent appui sur des blocs cruciformes posés sur les fortes assises. Le canal a disparu sauf en de rares endroits où il ne reste que des lambeaux de piédroits.

Pour renforcer l’ouvrage menacé par les fuites et, peut être, résister aux secousses sismiques, certaines arches ont été bouchées de part en part. D’autres ont été obturées par deux murs latéraux.

Le long des premier et second tronçons, sur le côté gauche, une murette remontée par les services de l’O.N.F. sépare une chênaie d’une oliveraie nouvellement réaménagée. Les murettes étaient construites en pierres sèches posées à plat. Pour la dernière rangée le bâtisseur rangeait les pierres verticalement, ce qui interdisait le passage des animaux. Cette disposition assurait en outre une belle finition et permettait de contrôler d’un coup d’oeil le bon état du mur. Tout vol de pierre était immédiatement visible.

Le deuxième tronçon se termine par une rupture. Les piliers ont basculé sur la rive droite formant un chaos informe dans les chênes verts. De l’autre côté du chemin communal qui se glisse entre les parties rompues on accède à la partie nord du troisième tronçon. Au pied de l’arche rompue le visiteur se trouve au niveau du Castellum, point d’arrivée de l’aqueduc à Nîmes. Il peut ainsi vérifier, en levant la tête, la faiblesse de la pente de l’ouvrage et l’exploit que représentent sa conception et sa réalisation.

Au départ, sur la rive gauche, contre le pont, nous découvrons deux amas carbonatés. Ils sont énormes. Le second est si volumineux (200 m3 environ) que nous n’imaginerions pas son origine si ne la connaissions pas : Ces deux amas se sont formés à la suite de piqûres pratiquées pour l’irrigation des cultures.

On découvre plusieurs autres formations similaires en poursuivant notre chemin en direction des arches de Valive et du pont du Gard.

Les arches de Valive

L’ultime dépression avant le pont du Gard était franchie en élévation par une série d’arches très endommagées qui posent une fois de plus la question d’un tremblement de terre.

Des blocs de calcaire marquent les emplacements des piqures pratiquées sur l’aqueduc. On peine parfois à croire que ces rochers n’étaient pas là avant l’ouvrage..Et pourtant.


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