Pont du Gard et Patrimoine

Garrigues

La garrigue, un paysage à lire
lundi 15 décembre 2008 par PdGP

Une partie du parcours de l’aqueduc de Nîmes se déroule dans des paysages de garrigues. Immuables, ces paysages ? certainement pas. La garrigue telle que nous la connaissons doit tout au recul des activités humaines.

Garrigue 3
De Dions au Pont du Gard, sur plus de vingt kilomètres, le Gardon coule dans un écrin de garrigue toujours verte, royaume de la pierre et du chêne vert. Ce milieu aujourd’hui sauvage et difficilement pénétrable a été longtemps très exploité, voire surexploité. Parcourus par des troupeaux à l’appétit dévastateur, les bois de chêne vert fournissaient une matière première de qualité pour alimenter les fours des verriers, des charbonniers, des boulangers et de toutes les petites industries qui fleurissaient dans la région.

La déprise agricole et l’apparition de nouvelles énergies ont conduit à l’abandon de toute exploitation de la garrigue, devenue sauvage. Le milieu que l’on parcourt aujourd’hui ravi de sa « sauvagerie » n’a rien à voir avec ce qu’il était il y a un siècle. Lorsqu’ils n’ont pas succombé au feu, les chênes verts atteignent des tailles inimaginables lorsqu’ils étaient exploités par les charbonniers.
Yeuses
On peut se faire une bonne idée de la garrigue cultivée en visitant le très intéressant parcours « Mémoire de garrigue », dans l’enceinte du Site du Pont du Gard. On y découvre un milieu beaucoup plus aéré qu’aujourd’hui, mis en valeur par le labeur des agriculteurs.
Memoire entree Memoire signalétique
Cuktures mariees
Le chêne vert est le symbole de cette région aride où la vie et l’eau sont plus souvent présents sous les cailloux qu’au-dessus. Mais si l’on prend le temps de regarder, d’être à l’écoute de ce milieu, on prend vite la mesure d’une richesse exceptionnelle :
- l’yeuse et son cortège de plantes compagnes s’épanouissent sur les flancs des collines calcaires et les parfument de mille odeurs.
- les pistachiers, alternes, filaires, arbousiers, genévriers-cades, buis, chèvrefeuilles, sumac des corroyeurs, ferrules, thyms, romarins, cistes, petits iris et badasses composent des paysages typiquement méditerranéens. Ils sont constamment en évolution entre la pelouse à asphodèles et la forêt de chênes.

Un climat rude impose aux hommes comme aux plantes des saisons tour à tour torrides et sèches, puis humides et douces, enfin froides et ventées. Ce climat sait aussi offrir des journées délicieuses dont tout bon méditerranéen saura jouir, qu’il soit rachalan (ouvrier manuel) dans son enclos ou chêne dans la garrigue.
Rameau Les arbres et les arbustes ont un aspect trapu. Ici chaque plante, pour survivre, doit lutter contre la sécheresse estivale : deux longs mois sans une goutte d’eau. Les organes de réserves, bulbes, rhizomes et tubercules, les racines profondes et pivotantes, les feuilles petites et coriaces, souvent poilues voire épineuses ou écailleuses sont alors leurs seules chances de survies. Elle doit aussi résister au terrible mistral, le vent du nord qui peur souffler des jours durant.

Fleur garrigue Si l’été toute la garrigue semble grise et assoupie, comme recroquevillée sur elle-même, c’est pour mieux se protéger contre ce maudit "cagnard" qui ferait même transpirer les pierres. Au printemps et à l’automne, par contre, la vie explose au bout de chaque rameau. Fleurs, fruits, feuilles s’épanouissent dans une débauche de senteurs et de couleurs chatoyantes. Toute une faune bruissante et piaillante sait en profiter, virevoltant autour du nectar sucré des fleurs ou de la chair tendre des petits fruits pour s’en délecter.

Flore et faune possèdent ici des espèces remarquables : cyclamen des Baléares ou orchis punaise pour la première ; poissons, chauve-souris, insectes carnivores, castors pour la seconde. N’oublions pas le prince de la garrigue, le majestueux aigle de Bonelli. C’est l’existence de ces espèces prestigieuses mais fragiles qui fait du secteur des Gorges du Gardon un site digne de toute attention que gère désormais le SMAGE (Syndicat mixte d’aménagement des gorges du Gardon).


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