Pont du Gard et Patrimoine

Le réseau hydrographique de l’Uzège

jeudi 11 décembre 2008 par Gérard Extier

La configuration du réseau hydrographique explique certaines difficultés qu’ont dû rencontrer les Romains pour tracer l’aqueduc.

Le Gardon

Long de 100 kilomètres, cette rivière doit ses excès à ses origines.

Elle prend ses sources (car il y a plusieurs Gardons dont la réunion porte le nom de Gardon) en pays cévenol et coule ensuite dans une plaine, la Gardonnenque, jusqu’à Russan.

A partir du "rocher de Vidal" à Bourcoiran, il emprunte deux itinéraires : l’un en surface, l’autre souterrain. Les deux parties se rejoignent une vingtaine de kilomètres plus loin, progressivement entre la Baume et Collias. L’été, le cours superficiel est complètement sec entre Russan et le Pont Saint-Nicolas ou la Baume.

Le débit et le niveau de l’eau au pont du Gard dépendent étroitement des précipitations qui peuvent être extrèmement abondantes sur les Cévennes et le Gard. Selon Guilhem Fabre, dans une étude préalable au classement du site des Gorges du Gardon, le débit du Gardon à la Baume aurait été de 1,10 m³ à la seconde en août 1971 et de 1 183 m³ par seconde le 10 janvier 1970 (maximum instantané). Soit une variation de 1 à 1000. Des écarts très supérieurs ont été relevés au début du siècle et, tout récemment, avec des conséquences catastrophiques, lors de l’épisode cévenol des 8 et 9 septembre 2002. Au plus fort de la crue qui vit l’eau atteindre le sommet des avant-becs, le débit aurait atteint 4.500 m³ par seconde, soit 4000 fois le débit minimum relevé !

C’est pour traverser le Gardon que les Romains construisirent le pont du Gard. L’aqueduc étant situé en rive gauche du Gardon jusqu’au pont du Gard, seuls les affluents de cette rive : Alzon, Bornègre, ont posé problème aux constructeurs romains.

L’Alzon

Long d’une vingtaine de kilomètres il prend sa source près du petit village de Masmolène. Le débit très variable de l’Alzon a dû poser de sérieux problèmes aux constructeurs de l’aqueduc compte tenu de la proximité des deux voies d’eau.

De nos jours, les eaux de la source d’Eure rejoignent rapidement celles de l’Alzon au niveau d’un confluent où il est aisé de distinguer les premières limpides, des secondes boueuses.
L’Alzon est sujet, comme le Gardon, à des crues violentes. Le problème, pour la conception et l’exploitation de l’aqueduc, était d’éviter que les eaux de débordement de l’Alzon se mélangent à celles de la source d’Eure et la polluent.

Un grand nombre d’installations étaient implantées le long de son cours : filatures, moulins à eau (dont quelques-uns subsistent : moulin de la réglisserie Zan à Pont-des-Charrettes -commune d’Uzès-, moulin du Gaveau à Saint Maximin, moulin à huile de Collias qui fonctionnait encore après la guerre de 1939-1945.). Ces installations sont en ruine.

L’Alzon qui reçoit les sources de l’Eure très riches en bicarbonate de calcium, est marqué, lui aussi, à partir d’une certaine distance par des dépôts carbonatés comparables à ceux déposés sur les parois de l’aqueduc.

Bornègre

C’est l’enfant terrible de l’Uzège . Ce torrent qui tient plus de l’oued que du ruisseau, sec la plupart du temps, peut débiter de 2 000 à 5 000 litres d’eau par seconde en période de crue.

Il serait dommage, sur le plan de la compréhension, de visiter le pont romain de Bornègre sans s’être rendu au gouffre.
Bornègre est un siphon qui s’amorce lorsque l’eau atteint un niveau critique. Ses crues étant peu fréquentes on leur attachait, parfois, une origine mystérieuse.
Des spéléologues, des géographes ont apporté des réponses à cette question. Bornègre est une des exsurgences qui appartient à un vaste réseau hydraulique défini. Celui-là même qui alimente les sources d’Eure et même le puits de Vayer à Castillon-du-Gard.

Le plateau, au-dessus de Bornègre est truffé de gouffres et de puits de mines de phosphates dont les abords sont dangereux.
Dans les gisements, des ossements fossiles de la fin du tertiaire et du commencement du quaternaire furent découverts là.


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