Pont du Gard et Patrimoine

Bornègre

D’aprés : L’aqueduc du pont du gard de Claude Larnac et François Garrigue
dimanche 14 décembre 2008 par Jean-Yves Gréhal

"Le ciel est toujours clair tant que dure son cours
Et nous avons des nuits plus belles que vos jours"

"J’ai fait une assez longue pause a cet endroit, parce que, lorsque j’écrivais ces vers il y a huit jours, la chaleur de la poésie m’emporta si loin que je ne m’aperçus pas que le temps me passait et qu’il était trop tard pour porter mes lettres à l’ordinaire. Je recommence aujourd’hui, 24 de janvier , à vous écrire ; mais il est arrivé un assez plaisant changement. Car en relisant mes vers, je reconnais qu’il n’y en a pas un de vrai : il ne cesse de pleuvoir depuis trois jours et l’on dirait que le temps a juré de me faire mentir."
Jean Racine

Ce sont les excès du temps dans cette région de l’Uzège qui rendent Bornègre sec ou jaillissant

Le gouffre

Pénétrer dans le gouffre est dangereux
Pour accéder au gouffre emprunter le sentier qui remonte la vallée parallèlement au lit du torrent. Ce sentier traverse des propriétés privées. Ne pas s’en écarter, ne pas détruire ni souiller l’environnement. Après cinq minutes de marche vous découvrez la résurgence de Bornègre sur la droite.

A une dizaine de mètres du sol apparaît un trou ovale de 4 m de resurgence de Bornègrehauteur et de 2 m de largeur environ. C’est de là que surgit, après les grosses pluies, une puissante gerbe d’eau capable d’expulser plusieurs milliers de litres d’eau par seconde.

Bornègre est une source temporaire appartenant au réseau souterrain s’écoulant à la source d’Eure. Après des pluies torrentielles et continues de quelques jours le siphon s’amorce, permettant le déversement du trop plein de la nappe. Dans les jours qui précèdent, une douzaine de sources de moindre importance se mettent à couler les unes après les autres. Ce sont les boulidous. Ils sont connus, répertoriés. Situés à un niveau inférieur à celui du gouffre, ils coulent avant que le « grand Bornègre » ne s’amorce. Ils permettent ainsi aux riverains avertis d’annoncer à grands cris :" Bornègre va couler !". Ces boulidous doivent leur nom au caractère bruyant de l’eau écumante sortant de terre.

Lorsque Bornègre coule, la puissance du flot est telle qu’il charrie non seulement sable et branchages mais galets et pierres. Ces matériaux se comportent alors en véritables projectiles.

Le lit du torrent

avant bec BornègreS’il est sec, on peut redescendre à pied le lit du torrent jusqu’au pont de l’aqueduc, qu’on découvrira sous un angle favorable. Arriver face au pont permet de constater que les Romains avaient bien mesuré la puissance potentielle du cours d’eau. Ils avaient doté l’ouvrage de puissants avant-becs triangulaires, capables de résister au choc furieux des flots et des matériaux qu’ils transportent.

Le pont

Bornègre amont Seule l’arche centrale est dégagée. L’arche d’aval (côté Argilliers) est bouchée par des détritus, graviers, glaise et branchages amalgamés tel un torchis. L’arche d’amont (coté Saint-Maximin) est colmatée par des concrétions qui résultent des piqûres pratiquées à partir du troisième ou quatrième siècle quand l’aqueduc ne fonctionnait plus normalement. Depuis le haut Moyen Age, le pont de Bornègre ne remplit plus sa fonction première. L’aqueduc démonté, les hommes récupérèrent les pierres et les réutilisèrent pour la construction des maisons. Le vieux pont devint un moyen de passage. On l’empruntait pour franchir le torrent. Le tablier est creusé profondément par les pieds des chevaux et le cerclage en fer des roues de charrettes.
Sur le bord, des mortaises mises à nu favorisaient la liaison des grosses pierres de construction. Il y a quelques timides graffitis. Dans le ruisseau, en aval de l’ouvrage, quelques pierres de l’aqueduc soutiennent la berge. Bornègre est un pont à l’abandon.

L’aqueduc en tranchée couverte

conduite amont BornègreEn amont du pont, du côté de la rive droite du ruisseau, à cinquante mètres de l’ouvrage, l’aqueduc apparaît, semblable à un tunnel. Il s’agit d’une portion du canal construite au fond d’une tranchée recouverte ensuite de terre. Sur les parois on distingue les éléments déjà remarqués au bassin de régulation : les piédroits en pierre, la couche d’enduit de tuileau, la pellicule superficielle rouge.
Mais on découvre aussi des dépôts calcaires. Certains, détachés de la paroi, gisent sur le fond du canal. Ce sont les premières traces connues de concrétions. On les trouve là où le calcul les avait situées, à une distance correspondant à un trajet d’une heure quarante environ depuis la source.

Voir la vidéo sur Bornègre :
http://www.youtube.com/watch?v=coeMhecEK8M


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